Blackout nucléaire

La spécificité d’une ambiance NBC, et les bons réflexes à avoir en cas de blackout nucléaire.

Heureusement sans profiter d’acquis d’expérience nucléaire, on ne peut qu’anticiper ce genre de situation en se référant aux données scientifiques, à la théorie, et aux exercices dans certains corps de métiers.

On englobe les risques nucléaires, bactériologiques et chimiques sous la même procédure globale d’urgence, dite NBC.

Cette procédure globale est ensuite affinée in situ,  pour être complétée par d’autres mesures qui elles, sont spécifiques à chaque facteur de risque avéré avec certitude.

Cette procédure NBC aide à mettre rapidement en place une réponse “individuelle et collective” mesurée, avant même de connaître les causes qui l’ont déclenchée, ou ses incidences directes.

Dans le cas du nucléaire, les dangers mortels spécifiques sont la chaleur et le souffle, puis les radiations gamma.

Avec l’essor des derniers armements technologiques, nous avons tendance à oublier que l’arsenal nucléaire reste le Graal inavoué de la plupart des états.

Blackout nucléaire : les effets et radiations

Les bombes lâchées sur Nagasaki et Hiroshima étaient de première génération, largement peu puissantes en comparaison de ce qui se fait maintenant.

La durée et l’étendue des radiations dépendent en principe de la source de l’explosion, et de facteurs météo.

À ce propos, une bombe thermo-nucléaire modifie momentanément le climat de la zone touchée.

La déflagration est aveuglante, un grand flash, elle peut endommager la rétine si on l’observe directement.

Considérons que dans un périmètre à moins de 5km de l’explosion, les chances de survie sont nulles.

Au Japon, certaines victimes désintégrées par le rayonnement ont été retrouvées photocopiées sur des pans de murs.

Jusqu’à 8km au bout de 8 secondes, brûlures au 3e degré, la chaleur se propage dangereusement jusqu’à 30km.

Au bout de 15 à 20 secondes, le souffle de la déflagration se répand à une vitesse approchant les 1000km/h.

À plus de 50km de l’impact, si on a un abri, des vivres et du matériel, les chances de survie remontent en flèche…, si on rejoint son abri situé à 50km dans les 25 secondes qui suivent l’explosion. Donc avant l’onde gamma (exposition directe…).

blackout nucléaire

3 types de radiations

Les radiations instantanées, libérées au moment de l’explosion, sont très éphémères et puissantes. Ces radiations tuent à très court terme tous les survivants à la chaleur et s’étendent avec le souffle, dans le périmètre d’influence.

Les retombées radioactives, poussières, particules, pluie et suie noire, suivent l’explosion pendant 7 à 8 jours minimum, en fonction de la météo aussi.

Les 48 premières heures sur zone sans équipement adapté sont toujours fatales à court terme.

Les radiations résiduelles sont durables et corrompent l’air. Des retombées inopinées de suies noires peuvent apparaître.

Il faut alors se protéger avec un masque et un équipement adapté, lorsque le délai des retombées post-nucléaires directes est expiré, et qu’on peut faire une reconnaissance de la situation à l’extérieur de l’abri.

3 types de particules radioactives

  • Les particules alpha: Les particules alpha ne survivent que sur quelques centimètres. Le risque de contamination par toucher est minime. Par contre, une fois ingérées ou respirées ces particules sont mortelles. Un appareil respiratoire filtrant et de simples vêtements vous protègent des particules Alpha.
  • Les particules bêta : Elles se déplacent Jusqu’à 10 mètres. L’exposition aux particules bêta n’est pas mortelle sauf en cas d’exposition prolongée, mais peut provoquer des brûlures au 3e degré.
  • Les rayons gamma : les rayons gamma sont les plus mortels. Ils peuvent se propager sur 1 500 mètres dans l’air. Le rayonnement gamma provoque de graves lésions aux organes internes.

Évitez l’exposition aux radiations gamma. Essayer de ne pas s’y exposer plus de 5 minutes. En zone rurale, essayez de trouver une grotte, un trou, un tronc renversé sous lequel ramper. Sinon, contentez-vous de creuser une tranchée pour vous y coucher avec de la terre entassée autour de vous.

survivalisme
Abri anti-atomique

Dans l’article sur l’abri anti-atomique, je décris l’idéal tout confort. Ce n’est pas un investissement énorme mais ça demande d’être proprio d’un terrain adéquat, et de disposer de moyens financiers à investir.

Cependant, le plus important si on ne peut pas s’abriter pour 90 jours, c’est de pouvoir se mettre à l’abri au moins 8 à 10 jours. C’est faisable par tout le monde d’avoir 10 jours de réserves, des couvertures de survie et un abri sommaire.

Une cave plaquée de zinc, de bois et autre fera très bien l’affaire. Des murs en béton de plus de 65cm d’épaisseur aussi.

Le FP : facteur de protection contre les radiations d’un abri anti-atomique  indique combien de fois une personne à l’intérieur de l’abri sera moins soumise aux radiations qu’à l’extérieur. Par exemple, FPR 300 signifie qu’on encaisse 300 fois moins de radiations dans l’abri qu’à l’extérieur.

 Équipement NBC

Le rayonnement gamma provoque des brûlures graves parfois sans chaleur, comme les coups de soleil mais en pire. Il convient donc de s’isoler correctement l’ensemble du corps, particulièrement les mains et le visage.

La superposition de couches de vêtements est encore ici une bonne solution, si on ne dispose pas d’une tenue NBC.

La couche finale doit être imperméable à la pluie contaminante (tenue de pompier).

Pour les sorties de plusieurs heures en ambiance post-nucléaire, il est conseillé d’être équipé d’une combinaison NBC qui isole au mieux de la radioactivité.

Un ensemble de pompier lourd (salopette/veste/bottes/gants) par dessus les couches de vêtements fait très bien l’affaire.

Le masque à gaz est un simple masque ou demi-masque équipé de filtres à particules fines, comme les masques utilisés pour la manipulation des produits chimiques. Penser aux cartouches de rechange.

Vous serez heureux de disposer de votre petit stock de couvertures de survie, qui peut vous sauver la peau.

Impulsion électromagnétique

Le choc d’une explosion thermonucléaire, crée une puissante impulsion électromagnétique.

Tous les appareils électriques encore branchés au moment de l’explosion vont griller, ainsi que la majorité de ceux qui auront été débranchés mais pas protégés.

Le matériel électrique tel radios ou lampes doivent être stockés sans piles dans des cages de faraday, en les enveloppant par exemple de carton et d’une couverture de survie, et en les tenant éloignés des métaux.

Il est aussi recommandé de relier les cages de faraday à la terre.

 

Prévoir également des perturbations aléatoires sur les ondes radio, la BLU est la bande la plus fiable. Posséder une station VHF ou un poste de réception météo ou NAVTEX est aussi une bonne idée, car les canaux d’urgence  diffuseront des consignes et des infos en continu.

 

Prendre l’habitude de débrancher la batterie de son véhicule d’urgence, et protéger au maximum son électronique!

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