La survie ,navigation et orientation

Nous disposons de technologies de positionnement qui n’imposent plus la nécessité de compréhension dont on peut avoir grand besoin en survie pour se déplacer sur des moyennes ou grandes distances, en cas de bug-out qui rendrait ces moyens technologiques inopérants.

On se souviendra que même la boussole est susceptible de tomber en panne….en cas de très fortes perturbations électromagnétiques ou d’orages magnétiques hors-normes. De même, certains secteurs géographiques subissent de fortes perturbations toute l’année.

La navigation regroupe un ensemble de méthodes et techniques inutiles en grande partie en orientation terrestre ,mais l’étude des méthodes de navigation peut-être un atout en orientation de survie, pour mieux saisir les paramètres attenants et les forces en présence.

 

La navigation astronomique

La navigation astronomique est intéressante en survie pour se positionner avec un sextant et des éphémérides ,notamment avec les méthodes “simplifiées” . Ces méthodes fournissent des feuilles de calcul préétablis à compléter avec les éphémérides astro et ses observations. Il en résulte moins d’opérations de calcul, donc moins de chances de faire une erreur.

L’avantage de l’astro réside dans le fait qu’on peut démarrer ses calculs à partir d’une position ignorée, erronée, délirante, voire donnée au pif. Mais le facteur temps, lui, est essentiel à connaître avec précision, et à la seconde près au moment du relèvement.

Si il est aisé de faire une méridienne en survie(droite de hauteur du soleil à midi ,au point culminant de l’astre) ,un calcul d’intercept d’étoiles donne une plus grande incertitude dans les résultats, donc une moindre précision. L’astronomie est utile en mer ou dans le désert, où il n’existe aucun repère visuel,  mais pas forcément dans nos contrées car il y a les reliefs et nombre d’amers remarquables beaucoup moins distants que les étoiles, donc appréciables avec une incertitude moindre.

Il ne faut pas suivre bêtement n’importe quelle étoile au hasard, sinon on tourne en rond.

survie et orientation

Les méthodes:

Les méthodes de navigation astronomique sont nombreuses mais demandent toujours d’avoir à disposition les éphémérides des planètes et de procéder à des calculs plus ou moins complexes selon les méthodes.

Les méthodes Dieumegard-Bataille sont une référence en termes de compréhension et d’efficacité.

Pour les méthodes avancées, des connaissances en astronomie et une bonne compréhension de la voûte céleste sont indispensables. Complexité de la méthode étant synonyme de précision et de réduction de la marge d’erreur, en contre-partie les risques d’erreurs augmentent (plus c’est complexe, et plus il y a de risques d’erreurs à cause de la multiplicité des calculs).

Précision d’un point astro:

Un point astro ,par nature, ne peut pas être précis à 100% de certitude, il y a toujours une incertitude dans les relèvements (le temps ne s’écoule pas de la même manière selon l’altitude où on se trouve, à l’échelle de l’homme cette fraction de différence/temps n’est pas perceptible. seulement mesurable avec des horloges atomiques), ainsi qu’une marge d’erreur inévitable du fait qu’on relève un astre en mouvement, nous-même étant en mouvement, et qu’il faut extrapoler les paramètres de hauteur d’un astre lointain à l’instant “t” précis pour calculer l’intercept géométrique, qui est en fait non pas notre position sur terre, mais notre position dans l’espace immatériel par rapport à cet astre.

Position qu’il faut ensuite extrapoler encore sur un plan géographique à une heure donnée.

Les “Découvreurs” de ces formules magiques sont des Génies inclassables.

Pour couronner le tout, s’ajoutent encore des problématiques de réfraction (courbure de l’espace dans le spectre visible), qu’elle soit atmosphérique ou extra-orbitale.

Pour ce qui est de la précision, en astro, jamais rien n’est donc joué d’avance.

Efficacité des méthodes:

Malgré ça, l’efficacité des méthodes est telle que certains marins arrivent à se positionner à 2 milles près, mais en l’absence de gps on reste dominé par l’incertitude (en mer l’exercice est un art, à cause de l’instabilité ,1cm d’écart ici ,avec la distance, ça fait une erreur de combien sur Rigel ou Vega ?…).

L’astronomie est un domaine vaste, fascinant et surprenant. C’est absolument impossible de développer toutes les subtilités de la navigation astronomique et la magie des formules dans un simple article.

Il existe heureusement un bon nombre de traités de navigation astro et d’astronomie dont l’étude permet une compréhension globale du sujet facile pour les non-familiers de la discipline, et approfondie pour ceux qui s’y investissent.

Les forces liées à l’interaction forte géophysique:

On ne peut ignorer les forces sous peine d’être dans une incompréhension totale des lois qui régissent les techniques d’orientation.

survie

• La force de Coriolis

C’est une force inertielle = on ne sent pas la rotation de notre planète, mais elle existe, et il faut toujours la prendre en compte en océanographie comme en météorologie. Cette force est une résultante de la rotation terrestre.

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• Le champ magnétique de la Terre

C’est un champ vectoriel = il a un sens et une direction et il évolue dans le temps.

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• La déclinaison magnétique

Le fameux nord magnétique qu’on met en évidence avec une boussole ou un compas magnétique, à ne pas confondre avec le nord géographique indiqué sur les cartes.

Le nord magnétique varie dans le temps. À partir d’un observateur fixe ,il y a une différence de trajectoire entre le nord vrai et le nord magnétique. On nomme cet angle déclinaison magnétique. Il s’agit simplement de l’angle entre le nord géographique et le nord magnétique pour un observateur à tel endroit et à tel moment.

La valeur de la déclinaison en France est assez négligeable pour qu’on n’ai pas à en tenir compte en orientation pédestre.

Comprendre que la boussole ne capte pas le nord à des milliers de kilomètres, mais s’aligne localement à partir des lignes du champ magnétique ambiant ,reliées au nord dans l’émisphère nord et au sud dans l’émisphère sud. C’est pour ça que le nord magnétique est variable en fonction du lieu et que la boussole subit une déviation(d) différente ,de 1° à 2° est ou ouest, selon l’azimut pris.

 

• La déviation magnétique

Ces perturbations magnétiques sont locales, leur effet donne une erreur de plus qui se traduit par un décalage (généralement 1° à 3° vers l’est ou l’ouest) . Ce décalage est inégal selon l’azimut. Ce qui est perpétuellement corrigé en navigation, mais en orientation pédestre il est pénible et inconstant de calculer la valeur de “d” , à cause de son inégalité dans l’espace et dans le temps, ainsi que du peu d’incidence qu’il a ,à lui seul, sur des distance couvrable à pieds.

“d” s’ajoute ou se soustrait à “D”(plus paramètres de courants en mer) pour ne retenir qu’un seul chiffre pour le calcul de la route, son petit nom, “W” comme variation corrigée=double-V.

On peut définir “d” pour chaque secteur du cadran ou pour chaque azimut précis grâce à des relèvements d’amers visuels ,si on est sûr et certain de sa position à cet instant.

De la même manière ,à partir d’un point précis sur la carte, on peut définir W par des observations visuelles (relèvements), tracer 2 droites partant de sa position actuelle: 1 droite vers l’amer (sur la carte), et une droite vers la direction qu’indique la boussole en visant cet amer en vrai. L’angle donné définit W. qui sera utilisé pour les corrections magnétiques.

Notons aussi que l’orientation peut être opérée sans faire de calculs, en reportant simplement sur la carte les données magnétiques en vue de les utiliser brutes. Cette façon de procéder s’avère fiable en orientation pour les déplacements et pour peu que vous acceptiez l’idée de faire une route au 160° alors qu’en réalité vous allez au 180°(sud) ou au 140°. Si par contre vous cherchez à atteindre une coordonnée géographique prédéterminée, en l’absence de relèvements proches ou mauvaise visibilité, il devient alors essentiel de calculer sa route “en vrai”.

 

• Hémisphère nord et hémisphère sud

Chacun sait qu’on doit étudier les cartes le Nord dirigé vers le haut dans notre hémisphère. Dans l’hémisphère Sud  le sud se place en haut de la carte. Compte tenu du petit résumé qui précède, saisissez-vous la subtilité ?

 

 

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Déclinaison (variation) magnétique

 

• Correction de la variation, ou déclinaison magnétique

Si la position géographique de l’observateur requiert une correction de la déclinaison, sa valeur est donnée sur la carte (exemple ci-dessus).

(1°=60′ d’arc et 1 minute d’arc=60″ , ceci est une constante invariable)

La déclinaison sera toujours soit “E” ,soit “W”, donc positive ou négative, et s’exprimera en degrés/minutes, par exemple +5° ou E5° , -3° ou W3°.

L’exemple ci-dessus nous donne -4°10′ en 1995 (-4°10’=-250′) ,avec E7’/an

+7’/an ,donc de 1995 à 2017 [+7’x22ans =+154′]

[-250′ + 154′] = -96minutes= -1°36′   Cet exemple donne donc une déclinaison de W1°36′ en 2017, +7′ en 2018, donc

[-1°36’+7′] = W1°29′

Dans les calculs, les symboles + et – sont toujours manipulés en vertu des lois de l’algèbre. (-5+2=-3)

Sur terre, une boussole et une carte peuvent être d’une grande aide pour s’orienter plus efficacement, avec plus de précision.

Placez votre boussole devant vous, nord vers le haut (le haut c’est devant en fait, à l’horizontale) et regardez:

Comme un cadran de montre, le nord est à midi. À droite du nord on avance vers l’est ,et à gauche du nord on recule vers l’ouest.

Donc lorsque la déclinaison est “est”, elle est positive et on doit ajouter sa valeur aux relèvements magnétiques.

Lorsque la déclinaison est “ouest” ,elle est négative et on doit soustraire sa valeur aux relèvements magnétiques.

On utilisera systématiquement ce calcul simplifié pour prendre un azimut par rapport à la route tracée sur la carte, et pour reporter les relèvements magnétiques ou amers sur la carte, notamment pour se positionner.

Astuce facile à retenir si on se pose cette question:    est-ce plus, ou est-ce moins ? =  est+ , ouest-

Les outils:

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• La boussole

elle permet de suivre une route ou un azimut sans dévier, elle permet de se positionner en relevant des amers remarquables dits relèvements (montagne, pic, moulin, antenne, n’importe quel objet indiqué sur la carte et visible en vrai, à viser avec son alidade)

 

 

• La carte

la carte permet d’avoir une vue d’ensemble, de repérer les reliefs, de repérer des amers remarquables ou objets, des cours d’eau et toutes sortes d’objets. L’intérêt premier de la carte est de reporter sa position dessus afin d’établir une route, trouver de l’eau ou autre, définir sa route et les points de bivouac adéquats. Soyez très attentif à la légende des cartes ,en tout petit, les indication qui y sont portées sont cruciales pour utiliser la carte au mieux. Y vérifier systématiquement la valeur de la déclinaison même si on sait qu’elle est nulle.

• Se positionner

chercher un endroit dégagé, puis relever un amer remarquable avec une boussole et lire le relèvement donné. Le corriger si il y a lieu de le faire, et reporter celui-ci sur la carte sous la forme d’une droite. Vous êtes quelque part le long de cette droite.

Prendre un autre amer en relèvement et le reporter aussi sur la carte, puis un troisième. La figure géométrique résultante sera un triangle dit triangle d’incertitude. Votre position se trouve quelque part à l’intérieur de ce triangle.

À une échelle pédestre ou en survie, la proximité des amers donne un triangle imperceptible, donc seulement deux relèvements peuvent suffire, oui, le troisième relèvement n’est en fait là que pour confirmer la position.

En navigation comme en grande orientation ou en survie, on sait que rien n’est acquis. Une erreur de lecture et…. Donc on prend l’habitude de relever, puis de confirmer systématiquement.


• L’altimètre

L’altimètre est une aide pour se situer et se diriger en mettant en relation les observations faites avec les indications de la carte.

• Définir et Établir une route

Définir sa route, c’est étudier un trajet sous tous ses aspects avant de se mettre en route. On prévoit les ravitaillements, point d’eau, point de bivouac, on repère la route, calcule les distances, estime la durée des étapes en fonction du terrain et des conditions. On aura souvent le choix entre l’azimut brutal, route directe parfois difficile mais rapide, dangereux en montagne, et la route de randonnée ,plus longue mais plus sûre en termes de risques liés au terrain. Une fois la route définie, on l’établit matériellement sur la carte (tracé).

• Tenir une estime

L’estime est une construction mentale afin de toujours savoir où on se trouve, et d’anticiper des changements de route en fonction des divers paramètres rencontrés ou des difficultés liées au terrain. On peut bien entendu reporter son estime sur une carte en vue de la matérialiser pour la vérifier ou la confirmer, c’est tout l’intérêt de la cartographie.

Quelqu’un qui a un bon sens de l’orientation a une bonne estime si il est attentif au facteur temps. On pratique tous l’estime, si on a 100km à faire à 100km/h, on estime 1h de route. Mais ce n’est qu’une estime, on peut être retardés ou en avance. Si on a marché tant de temps à telle vitesse moyenne, on estime avoir avancé de tant.

En survie ,on peut très bien s’orienter sans rien

Avec un bon sens de l’ orientation ,ça ne pose aucun souci sur de courtes distances. Mais sur des grandes distances, l’absence de carte/boussole peut rendre le trajet plus long et la survie difficile.

L’étude des cartes permet de définir la meilleure route possible en fonction de divers paramètres. Ça évite de se retrouver dans un cul de sac ou de devoir rebrousser chemin.

Cependant on peut faire sans, le trajet sera plus long et réservera plus de surprises, ce sera difficile d’élaborer une stratégie de route, mais ça reste à la portée de chacun.

• Les méthodes des anciens navigateurs

Les peuples “primitifs” parcouraient déjà les océans bien avant l’invention de l’astrolabe, de l’histoire contemporaine, ou des absurdités d’un monde arrogant par croyance naïve d’avoir emprise sur toute chose.

Les observations d’étoiles étaient déjà utilisées mais à l’aide de techniques simplissimes et imaginatives mettant à l’oeuvre des principes mathématiques complexes et pourtant si accessibles à la logique. L’aura du “pilote” était quelque chose de mystique avec un rapport proche à la résilience.

Dans les cultures maritimes anciennes, on sait que cet homme ne parlait jamais à bord, et personne ne venait le troubler, c’était un tabou. Certains disaient mystiquement qu’il était en communion, lui nous aurait simplement et probablement dit qu’il comptait. Il observe et il compte le temps car il sait qu’il existe un rapport intime de la distance au temps, l’un ne pouvant exister sans l’autre.

Au départ il a probablement remarqué que cette étoile était à tel instant située 1main à gauche de sa ligne de foi, sa trajectoire, et il s’en est servi comme repère. Refiler le bébé aux amis ? oui c’était essentiel ,ils ont alors nommé les étoiles utiles pour se déplacer.

Le pilote compte la route parcourue, vérifie que telle étoile est à sa place par rapport à lui (non, pas l’inverse à l’époque) à tel instant,et il observe la couleur de l’eau, est-elle chaude est-elle froide, évalue le courant, et finalement ne se servait de rien d’autre que l’estime pour se situer et un ensemble complexe d’observations pour se diriger.

En ces temps, même Archimède n’était pas encore né, et les migrations humaines à travers notre planète se sont effectuées avec une intelligence remarquable dans les déplacements, compte tenu du fait que nos nobles ancêtres n’avaient ni cartes, ni boussoles.


⇒ Le sens de l’ orientation, mythe ou réalité ?

Dans notre époque très technique, dés qu’on pense à l’ orientation on pense à la cartographie, à la boussole, au gps…

C’est un fait que nous sommes tous inégaux. Certains ont le sens de l’ orientation et d’autres pas.

J’ai eu plusieurs fois l’occasion de le constater et j’ai remarqué qu’il ne s’agit pas de mauvaise volonté, mais bien d’une difficulté à se repérer dans l’espace.

Les citadins sont parfois atteint par cet atrophie de sens, comme le marin qui titube en rentrant à terre, mais c’est un mal qui se soigne par l’acclimatation, l’habitude.

Ce n’est pas le hasard si les habitués de la nature ont souvent la réputation d’avoir un bon sens de l’orientation en forêt.

Mais chacun n’est maître qu’en son domaine.

Un campagnard à Paname ,dans le metro, sous terre, se sent perdu car il n’a aucun repère viable autre que les indications….heureusement que c’est indiqué…..on y arrive mais il faut faire l’effort de s’y adapter, c’est pas naturel.

Et à force de ne faire que suivre des indications, ne finit-on pas par ne plus savoir se repérer seul ?

Être attentif, concentré et observateur comme les anciens, ça reste la meilleure boussole.

 

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