Si vous suivez l’actualité, ou même êtes vous dans une région sinistrée, ça n’a pas pu vous échapper que les inondations sont de plus en plus fréquentes, et semble-t-il provoquent des dégâts humains et matériels de plus en plus conséquents, avec cette année en plus des dégâts touchant aux biens des personnes, la mise en évidence de la fragilité des infrastructures touchant aux axes de circulation des personnes et des marchandises.

On peut constater que les phénomènes d’inondations s’aggravent en intensité d’année en année, et on peut constater que le tonnerre et la foudre ne sont pas en reste.

Le réchauffement et les inondations

Le réchauffement est une question bien plus complexe qu’il n’y paraît. Alors que l’univers visible se refroidit globalement en conséquence de son expansion (discutable si notre point de vue est bloqué par un horizon hyper-massif= trou noir…), néanmoins la réalité palpable du système solaire interne qui abrite notre planète, vit son cycle de vie et ses saisons dictés par notre soleil. La fusion nucléaire perpétuelle de notre astre baigne les planètes alentour du rayonnement pourvoyeur de vie ou de mort selon l’éloignement et la constitution atmosphérique des planètes. Et comme chacun le sait, dans notre système solaire, seule la Terre possède une atmosphère chimiquement conforme pour l’évolution de la vie, ou tout au moins pour un développement rapide d’écosystèmes biologiquement complexes dont nous sommes issus.

Le soleil est loin d’avoir épuisé son combustible, et les tempêtes solaires ne sont pas plus fréquentes que par le passé, le réchauffement n’est donc pas de la faute du soleil, mais de la modification chimique de notre atmosphère conséquente à une sur-activité industrielle depuis seulement un peu plus de 100 ans …..

Notre planète dont le cycle écologique normal devrait évoluer vers un age glaciaire se réchauffe donc ,le fameux effet de serre, et un système extrêmement complexe de régulations thermiques et hydriques s’en trouve perturbé. L’évaporation causée par les grandes chaleurs et les fontes rapides retombe en pluies trop abondantes pour être retenues par le sol (effet de ruissellement).

Sont liés également au changement climatique, les zones d’influence des ouragans et des phénomènes météo improbables d’inondations ou de sécheresse dans d’autres régions, provoquant des migrations massives de populations humaines, animales et végétales.

Ne pas penser que le réchauffement est infini, car il y a un point de basculement au delà duquel une glaciation devient inévitable, et il apparaît que l’axe magnétique de la terre (les pôles) serait influencé par le poids des calottes glaciaires. Un déplacement des glaces (plus de 1500m de hauteur) accélérerait pour un temps très volcanique la tectonique des plaques continentales et déplacerait à terme les zones habitables, faisant de l’antarctique une zone tempérée et de l’europe un glacier. Cette théorie n’est pas spéculative.

La modification du climat induit une adaptation brutale des écosystèmes, soit par mutation, soit par adaptation soit par déplacement, mais ce n’est pas une première…

Ce n’est donc pas fini, on risque fort de voir encore à l’avenir des phénomènes météo exceptionnels.

Littérature ou anticipation ?

En parenthèse, je suis retombé par hasard sur un livre de poche dans ma bibliothèque, dont le titre ne me disait rien. Complètement oublié.

“nostalgie de la magie noire” ,publié en 1997, roman du très singulier écrivain Vincent Ravalec qui a l’art et le secret de nous offrir un style personnel d’une présence forte, d’une délectable insolence qui se fond dans un style très académique, très technique.

L’auteur arrive parfois à être insupportable dans ce qu’il suggère sans jamais être vil, ni même grossier lorsqu’il lâche des chapelets appuyés d’injures choisies.

Texte très riche dont on peut facilement perdre le fil, entre réflexions, flashbacks, songes, on est à la frontière entre le réel et l’irréel, on jongle en fait avec ces deux menteurs d’apparences qui parfois forcent les destins, ou font prendre des raccourcis si la vie est un chemin..

Ça commence par des pluies interminables, un vrai déluge, puis c’est le partage en live total, l’imaginaire se superpose à la réalité pour essayer de comprendre l’incompréhensible. Un délire mystique, le moyen-âge en mode Mad-Max post-déluge….

Ce roman montre aussi pourquoi on ne peut pas lutter contre les eaux, et les perturbations fortes que les eaux incontrôlables peuvent engendrer à une échelle continentale. Dans le cas extrême de ce roman, c’est l’Armaguédon, mais on voit bien que ceux qui s’en tirent le mieux sont ceux qui ont anticipé en ayant de quoi voir venir, et ceux qui au lieu de survivre en se livrant au destin ou de subir la catastrophe, arrivent à en tirer profit parfois au détriment des autres, parfois en les aidant. (c’est un roman)

Que faire en cas d’inondation ?

Revenons à la réalité.

Déjà, pourquoi tu es encore dans les plaines ? Par les temps qui courent c’est bien de prendre un peu de hauteur, d’altitude, en faisant gaffe à bien anticiper les mouvements géologiques possibles en fonction du lieu: glissements de terrain, affaissements, crues exceptionnelles, etc. Anticiper les risques pour pouvoir mettre en place rapidement des stratégies d’urgence en cas de souci.

Bon à savoir, en Asie nous utilisons des sacs en toile de jute remplis de terre pour élever des barrages afin d’isoler des rues ou des lotissements. Ce procédé est viable pour se protéger d’une montée des eaux mais peut être détruit par un courant trop fort.

Si l’eau est en train de monter, sauf si on a un objectif atteignable comme une colline ou un point haut, il vaut mieux ne pas prendre la route et mettre le temps encore disponible à profit pour prendre des dispositions d’urgence:

-condamner les accès bas, portes et ouvertures, en clouant des planches sur les montants de portes. Pour que ce soit étanche, utiliser ce que vous avez: chambre à air découpée, textile imbibé de graisse, produit d’étanchéité à séchage rapide, maçonnerie si vous avez le temps (muret dans l’encadrement de porte).

-déplacer nourriture et effets au point le plus haut (pour l’eau potable: lifestraw)

-se tenir au sec et au chaud

-s’assurer d’ouvrir une issue de secours par le toit

-se signaler aux secours futurs éventuels en plaçant un motif SOS fixe sur le toit

-écouter la radio et pour ceux qui ont une VHF ou une BLU rx/tx ,prise d’infos sur la situation globale

-afin de pouvoir fabriquer un esquif de fortune en dernier recours, commencer à rassembler sur le toit tout ce qui peut flotter ,de la corde, du câble électrique, du fil de fer, etc.

une embarcation réservée “alerte inondation”

Pour le survivaliste en zone inondable, celui-ci a probablement prévu de rester sec, et avec sagesse a préparé son embarcation.

Les embarcations gonflables en hypalon® comme les zodiacs™ sont pratiques à stocker mais sont sensibles aux troncs et objets tranchants charriés pas les crues. Si on a la place de la stocker, une barque rigide et insubmersible c’est le plus fiable. Par exemple une barque en aluminium avec des caissons étanches pour la rendre insubmersible ou à défaut une embarcation genre BIC™ en plastique monolithique. Il faut du léger, maniable avec une bonne stabilité pour affronter le courant.

La solution pas cher du bricoleur, c’est de construire sont canot, en matériaux composites ou en acier. Pour éviter d’avoir des calculs de stabilité à faire, il existe des plans de canots gratuits sur le net ou des logiciels de dessin.

Le moteur électrique c’est bien, mais un hors-bord est hélas plus indiqué, pour des raisons évidentes d’autonomie. Petite conso pour un petit moteur, moteur pas plus gros que ne peut accepter la barque.

Dans les eaux encombrées, l’idéal c’est les moteurs “long-tail”, moteurs à longue queue, moins chers qu’un hors-bord mais sans marche arrière, ces moteurs permettent de passer là où les hors-bords cassent leurs hélices.

Un simple kayak peut aussi suffire et même être une solution intéressante (avec 2 kayaks on fait un catamaran + moteur hors-bord ou long-tail si gros courant à remonter ou grande distance à parcourir dans un temps imparti).

Dans l’armement de la barque, qu’on ai un moteur ou pas on comptera: un masque de plongée, fusées, feux et fumigènes, une lampe, un sifflet, des brassières (gilets d’aide à la flottaison), des avirons, une gaffe ou un long bâton, une hachette (pour couper un filin en urgence sur la barque),un grapin léger à lancer et sa corde pour s’arrimer d’urgence à un arbre ou à la berge (ne pas se servir du grapin pour mouiller, préférer une grosse pierre ou mieux de s’amarrer à quelque chose qui émerge).

Dans une zone inondée, une embarcation permet de continuer à pouvoir se déplacer pour se rendre compte de l’évolution de la situation et porter assistance.

Si le phénomène dure et que les secours tardent, un canot permet aussi de compléter ses provisions et son matériel avec des trouvailles abandonnées, charriées par l’eau ou submergées….on va faire une plongée au supermarché?….

 

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